Darjeeling – visite à de nombreux monastères et écoles de la région

21 mai – visite à Darjeeling, premier jour

Mardi 21 mai, tôt le matin, le Gyalwa Karmapa a quitté Kalimpong pour entreprendre une visite de trois jours à Takdah, Darjeeling.

Des milliers de fidèles ont impatiemment attendu sa visite, lui demandant à maintes reprises de venir dans la région pour donner des bénédictions, des enseignements et des initiations. À présent, enfin, les conditions pour cette visite ont été réunies.

De nombreux monastères et écoles l’ont invité, et bien qu’il ne puisse honorer toutes leurs invitations, il s’est rendu le premier jour dans une douzaine d’endroits différents, commençant par le monastère Urgyen Tenpa, le collège Uday Jinglam et le monastère Rinzing Samten Choiling, pour se rendre ensuite au Gompa de Tashi Choiling, au lycée public de Gielle, au Gompa de Theksum Chöling, à Batakesher Shiva Mandir, à l’Institut éducatif de Green Shield ainsi qu’à Shri Diwakar Vihara.
Après une pause déjeuner rapide, il a poursuivi son parcours en se rendant à Sharva Janik Buddha Sangh, au collège de Takdah, pour terminer par la Gompa de Drupkhang Chokhorling.
L’escorte motorisée qui a accompagné le Gyalwa Karmapa dans sa tournée à Darjeeling a été conduite par une voiture pilote arborant des lumières clignotantes rouges et des sirènes hurlantes.
Deux gardes du corps l’on accompagné dans sa voiture, suivie par une autre voiture de police et par un long convoi de véhicules transportant des moines de Rumtek et de l’Institut bouddhiste Shri Diwakar Vihara, ainsi que des représentants des communautés laïques du Sikkim, de Darjeeling et de Kalimpong, et de différents instituts et associations.

Partout de grandes affiches et bannières ont été accrochées pour annoncer sa visite, et à chaque endroit où il s’est rendu, des foules nombreuses de fidèles se sont réunies pour l’accueillir et recevoir sa bénédiction.
Tous les monastères lui ont offert l’accueil traditionnel – impliquant le grand apparat digne d’un maître de son rang – comprenant l’encens, les cymbales, les gyalings et les tambours.

Escorté cérémonieusement jusqu’à la salle du trône, en fendant la foule, le Gyalwa Karmapa s’est prosterné devant le trône, a allumé une lampe à beurre, offert une kata puis est monté sur le trône préparé à son attention.
Chaque communauté lui a remis un mandala et d’autres offrandes. Du riz au safran traditionnel et du thé ont été servis à tous les participants à cette cérémonie, suivie de la récitation de prières de souhaits et de tashis (les prières de bons augures).
Dans les écoles, il a rendu visite aux écoliers qui l’on attendu impatiemment, se tenant en rangs ordonnés de chaque côté de la route, vêtus de leurs uniformes scolaires soignés, leurs petites mains jointes dans le geste universel du salut respectueux.

Le personnel enseignant et administratif, lui aussi, s’est réuni pour le recevoir et lui manifester ses hommages, lui offrant de chaleureuses paroles d’accueil.

En s’adressant aux écoliers et aux enseignants, le Gyalwa Karmapa a fortement insisté sur l’importance vitale de l’éducation :

« L’éducation est le fondement, la base pour toutes bonnes choses.

Comme nous pouvons le voir partout dans le monde, à travers les siècles et les millénaires, et même aujourd’hui dans notre monde contemporain, quand il y a un manque d’éducation, cela entraine souvent de la pauvreté. S’ensuivent parfois des conflits et une chaîne de problèmes… Ainsi, toute confusion et souffrance naît de l’ignorance. C’est pourquoi les enseignements bouddhistes insistent fortement sur l’importance de l’éducation.

C’est pourquoi il est très important que vous profitiez de cette opportunité précieuse au maximum et appreniez autant que vous le pouvez, car vous êtes le futur, non seulement de votre propre pays, mais du monde entier.

Selon le point de vue bouddhiste, chacun d’entre vous sans exception peut changer quelque chose dans ce monde – alors, s’il vous plaît, étudiez bien, et j’espère que vous pourrez être une source de bienfaits pour tous les êtres.

Tel est mon souhait. J’attends avec impatience de voir ce que vous deviendrez dans le futur, et combien de bienfaits vous serez capables d’accomplir. J’attends ceci avec impatience, de tout mon cœur ».

La dernière étape de la journée a été la Gompa de Drukhpang Chokhor Ling, à Takling, un beau lieu isolé, idéal pour une retraite. En plus des moines résidents, des centaines de pratiquants locaux se sont réunis pour l’accueillir.

Ici, le Gyalwa Karmapa a pris un long moment pour donner de façon spontanée un enseignement oral sur le sens des Trois Joyaux, ainsi que sur la notion de bénédiction et sur ces effets.

« Pour que la bénédiction, ou darshan, porte ses fruits, deux éléments sont nécessaires : nos propres souhaits, aspirations et prières – c’est l’élément requis de notre part, le deuxième élément étant constitué par les souhaits des Bouddhas, les bodhisattvas et les Arhats. Lorsque les deux sont réunis, alors la bénédiction est présente.

Aussi, nous devrions prier avec tout notre cœur, sans douter, et, ce qui est très important, en ne visant pas notre propre profit, mais tout celui du bien d’autrui. Et à ceci il y a une bonne raison : en oeuvrant au bien de tous les êtres, naturellement, sans avoir à demander quoi que ce soit pour soi-même, notre propre bien advient naturellement. En retour, chacun accède au bonheur et en retire d’infinis bienfaits.

Si, d’un autre côté, nous suivons nos tendances et demandons une bénédiction pour notre seul bien, elle devient alors limitée. Limites en terme de temps, de distance, de force – de nombreuses limites … Tandis que si nos souhaits concernent tous les êtres, alors, du fait que l’assemblée des êtres est aussi vaste que le ciel, de même, la bénédiction sera intemporelle et sans limites ».

Dans la soirée, le Gyalwa Karmapa et les participants ont été chaleureusement accueillis par la très nombreuse famille qui dirige le Gurung Lodge, la pension de famille où ils ont passé la nuit. Malgré l’heure tardive, un repas délicieux a été improvisé et un tour guidé de la maison de famille d’origine a été organisé pour ceux à qui il restait encore un peu d’énergie.

Troisième jour du Bouddha Purnima à Kalimpong avec le 17ème Gyalwa Karmapa Trinley Thaye Dorje

Après un petit déjeuner très matinal, tous les participants sont partis de l’Institut Bouddiste Shri Diwakar pour Mela Ground, le grand stade de Kalimpong, le lieu où la rencontre de la matinée était prévue Des bus avaient été organisés pour conduire les disciples de l’institut à destination. Une exposition très spéciale – une immense thangka représentant le Bouddha Shakyamuni – avait été préparée. La thangka, faite de petites pièces de tissu cousues à la main, mesure 14 mètres par 9. De larges offrandes avaient été placées devant cette grande représentation de l’éveil.

Comme un signe auspicieux, un léger crachin tombait alors que la thangka était lentement dévoilée. La sangha monastique a alors accompli une puja devant la grande thangka représentant le Bouddha et devant la statue de Bouddha qui avait était placée devant celle-ci. Pendant la puja, la pluie a cessé et aussitôt après, le soleil est apparu.

Ensuite, plus de cinq cent moines et nonnes et des milliers de disciples laïcs, chacun portant une partie des textes sacrés du Kangyur (les enseignements du Bouddha Shakyamuni), se sont préparés pour une procession solennelle au travers de la ville de Kalimpong. Une telle procession (chokhor) est une manière d’étendre la bénédiction du dharma (les enseignements du Bouddha) et d’accumuler un vaste mérite. Ce mérite est ensuite dédié à tous les êtres, augmentant ainsi le bien être et la prospérité et contribuant à la paix dans le monde. Des centaines de disciples se sont joints à la procession au travers de rues de Kalimpong, provoquant temporairement un arrêt presque complet de la circulation. De chaque côté des rues, la population locale attendait la bénédiction des écritures sacrées, brûlant de l’encens devant leurs portes et offrant de la nourriture et des boissons aux participants de la procession. Une fois la procession revenue à son point de départ, un autre rituel a été exécuté, après quoi tout le monde est retourné à l’Institut Bouddhiste Shri Diwakar pour un déjeuner pris de bonne heure.

Pendant ce temps, sa Sainteté, le 17ème Gyalwa Karmapa Trinley Thayé Dorjé donnait une conférence de presse aux représentants d’une bonne douzaine de média nationaux et locaux. Il a répondu à des questions concernant une grande variété de sujets, incluant la signification de Bouddha Purnima, la réincarnation, les responsabilités d’un Karmapa, et les dix années qu’il avait passé auparavant à Kalimpong.

Quand on lui a demandé la signification de Bouddha Purnima, le Karmapa dit que ce jour était important pour tous les Bouddhistes.

« Nous célébrons ce jour pour nous souvenir des réalisations du Seigneur Bouddha en tant qu’être humain. Encore plus que cela, nous nous souvenons de sa vie comme d’un exemple pour tous. Ayant pris naissance en tant qu’être humain, nous pouvons accomplir des choses étonnantes dans notre vie. Mais d’un point de vue Bouddhiste, si l’on doit mettre le doigt sur l’accomplissement le plus inspirant possible pour un être humain, cela serait d’atteindre à la liberté absolue, la libération absolue. C’est ce que le Seigneur Bouddha a achevé – la complète libération, aussi connu sous le terme d’éveil parfait (samyaksambodhi) – et c’est quelque chose que tout un chacun peut réaliser. En conséquence, nous célébrons ce jour afin de nous souvenir de ceci, afin de nous souvenir de ce que chacun d’entre nous – d’où que nous venions, qui que nous soyons – pouvons accomplir. C’est pourquoi c’est un jour spécial. »

Lorsqu’il lui a été demandé de parler du symbolisme de la grande thangka du bouddha Shakyamuni exposée au Mela Ground, le Karmapa explique que « pour nous, en tant qu’êtres humains, l’expression par le sens de la vue est très importante. C’est à cause de cela que tout au long des siècles et des millénaires, nous avons développé d’innombrables manières de représenter l’éveil au travers de peintures, de sculptures, de statuts qui représentent toutes l’éveil de manière visuelle. Bien sûr, l’expression ultime, complète de l’éveil se fait par les mots au travers des enseignements, des textes du dharma. Mais son expression la plus simple se fait au travers de l’imagerie, telle que cette grande thangka que nous pouvons voir aujourd’hui.

Après le déjeuner, de nouveau, tout le monde s’est rassemblé sous la tente pour l’initiation du Bouddha Amitayus. De très nombreux disciples sont arrivés pour se joindre à ceux déjà présents. Au total, les participants étaient environ quatre mille. La tente n’était pas assez grande pour contenir le rassemblement, et des gens se sont assis sur la pelouse autour de la tente.

Avant de commencer l’initiation, le Gyalwa Karmapa a donné quelles instructions concernant la manière dont on doit considérer les initiations en général et plus particulièrement, l’initiation et la pratique du Bouddha Amitayus.

“Nous faisons cette pratique de longue vie du Bouddha Amitayus pour plusieurs raisons. La raison la plus évidente est que nous voulons vivre longtemps. Qui ne le souhaiterait pas ? Mais notre volonté d’avoir une longue vie doit être soutenue par une raison, par un but.

Dans un premier temps, nous devons comprendre quels sont les obstacles à une durée de vie longue. Un manque de bon karma, un manque de mérite, ou trop d’obstacles sont les facteurs qui font que notre vie est courte. Ils ont pour résultat, que nous sommes plus enclins à être malade, à avoir des accidents, etc.

Le bénéfice que nous retirons en faisant cette pratique est que nous commençons à comprendre que tous ces facteurs sont extrêmement relatifs. Grâce à cette pratique, nous somme capables de surmonter toutes formes d’obstacles – dans ce cas particulier en terme de durée de vie – grâce à notre compréhension qu’ils sont tous temporaires, tout le temps en train de changer, que ça ne vaut pas la peine de s’investir vis-à-vis d’eux. Si nous avons besoin d’investir dans quelque chose, alors nous ne devrions nous investir dans rien d’autre que notre bodhicitta. C’est la vraie qualité que nous possédons tous, la qualité qui ne peut nous être enlevée par personne. Ainsi, en nous concentrant sur cette qualité, naturellement, quelque soit la durée de vie qui nous reste, ce sera aussi bien que si nous avions vécu des centaines ou des milliers d’années ou une éternité. Sinon, même si notre vie dure des centaines de milliers d’années, ce sera sans qu’elle ait un but ou un sens. »

Le Gyalwa Karmapa a alors poursuivi avec l’initiation et le temps que tous les pratiquants soient passés devant lui pour la bénédiction avec le vase rituel et les autres objets utilisés pour l’initiation, c’était l’heure du diner.

Ce jour de festivités c’est conclu par une soirée de débats philosophiques animés entre les étudiants de l’Institut Bouddhiste de Shri Diwakar et les étudiants de l’Institut Bouddhiste Vikrama Shila de Pokhara au Népal. Même sans comprendre le Tibétain, les débats étaient captivants et très distrayants. Le Gyalwa Karmapa et son tuteur privé, le Professeur Sempa Dorjé, les ont écouté attentivement.

 

 

 

Deuxième jour du Bouddha Purnima à Kalimpong avec le 17ème Gyalwa Karmapa Trinley Thaye Dorje

Au petit matin du deuxième jour, le 16 mai 2011, la sangha s’est à nouveau rassemblée sous la grande tente dressée à l’occasion du Bouddha Purnima pour réciter des prières de louanges au Bouddha Sakyamouni, aux seize Arhats et aux grands Bodhisattvas.

Après une courte pause, la cérémonie de remise de diplômes aux étudiants de la deuxième promotion du Shri Diwakar Buddhist Institute a pu commencer.

Un représentant des étudiants a présenté le programme à l’auditoire.

Il a commencé par une courte allocution exprimant la gratitude des étudiants quant aux conditions parfaites offertes pour l’étude du Dharma et a remercié tous ceux qui avaient rendu la réalisation de ce projet possible. Puis il a demandé au Gyalwa Karmapa de prendre la parole pour dire quelques mots à l’assemblée.

Répondant à cette requête, le Gyalwa Karmapa s’est adressé à l’auditoire pour souligner l’aspect formel de cette cérémonie de remise de diplômes tandis que la capacité d’apprentissage, elle, est sans limites.

« Il n’y a aucune limite à ce que nous pouvons apprendre, c’est pourquoi nous devrions toujours être assoiffés de connaissances ».

Après cette intervention de Karmapa, le Professeur Sempa Dorjé, son précepteur et grand érudit, a prononcé un discours suivi d’une intervention d’un des membres de l’administration de l’Institut. Suite à quoi Karmapa a été invité à remettre leurs diplômes aux heureux lauréats.

L’après-midi a commencé avec la lecture symbolique du kangyur, une centaine de volumes qui contiennent les paroles mêmes du Bouddha.

Au cours de son second enseignement, le Gyalwa Karmapa s’est centré sur la pratique des monlam ou « prières de souhait » en français. Karmapa a expliqué vouloir mettre l’accent sur les prières de souhait précisément au moment où des pratiquants se rassemblent pour célébrer un évènement comme celui du Bouddha Purnima, lors duquel ils offrent leurs souhaits et dédient leurs mérites pour le bien de tous les êtres.

« Nous accumulons sans cesse des prières de souhait. D’une certaine façon nous pourrions dire que c’est la raison de notre présence à tous ici aujourd’hui.

Mais même si apparemment nous sommes tous semblables, chacun d’entre nous se différencie par son caractère, sa personnalité, sa manière de penser. Cela s’explique parce que nos souhaits et aspirations sont tous différents, et font que nous sommes qui nous sommes aujourd’hui.

Et si nous pouvions ouvrir notre conscience, notre sagesse, notre connaissance à cette dimension, alors nous pourrions faire de l’expérience même de notre vie un vécu porteur d’encore plus de sens.

C’est pourquoi les prières de souhaits ou monlam sont très très importantes. Elles définissent ce que nous sommes aujourd’hui, et ce que nous serons dans le futur. Il est donc essentiel de connaître la manière appropriée de faire des souhaits.

Il existe un très grand nombre de textes ou d’ouvrages permettant d’accomplir de la bonne manière les prières de souhaits. Mais le texte que je peux vous recommander est celui des Prières de Souhaits du Bodhisattva Samantabhadra, connu en tibétain sous le nom de Sangchö Mönlam.

Aussi, j’aimerais vous encourager tous très fort à faire des souhaits et à suivre la voie des bodhisattvas en pratiquant ces prières de souhait avec une aspiration parfaite. »

À la fin de son enseignement, le Gyalwa Karmapa a encore une fois invité le public à poser toute question qu’il désirerait et son auditoire a largement profité de cette opportunité.

Cette rencontre s’est finie par une puja de Milarépa avec tsok (festin d’offrandes) et par une pratique de Mahakala, en présence du Gyalwa Karmapa et de tous les lamas, moines et nonnes.

 

Premier jour du Bouddha Purnima à Kalimpong avec le 17ème Gyalwa Karmapa Trinley Thaye Dorje

Les étudiants de l’Institut bouddhiste Shri Diwakar ont réalisé un excellent travail pour préparer ce grand évènement. Une grande tente a été dressée sur le terrain derrière la résidence  du Gyalwa Karmapa. A l’intérieur, une large estrade, orné d’un trône pour le Karmapa et un autel, abondamment garni de bols d’offrandes, de tormas,  guirlandes et bouquets de fleurs.

Au centre et de chaque côté étaient accrochés des thangkas représentant les ancêtres de la lignée Kagyu, du Bouddha primordial Dorjé Tchang à Gampopa, le lama racine du premier Karmapa Düsum Khyenpa, et toute la lignée des Karmapas du premier au seizième, ainsi que plusieurs Mahasiddhas (yogis hautement réalisés).  Au centre la grande représentation du Bouddha Sakyamuni, entouré de chaque côté par Manjusri, l’aspect du Bouddha symbolisant la connaissance suprême ou la sagesse discriminante.

Le devant de la tente était réservé aux centaines de moines et moniales venus de nombreux  monastères en Inde et au Népal, tandis que des coussins avaient été installés pour les laïques à l’arrière.

Le premier matin des célébrations, des moines, moniales et pratiquants laïques se sont rassemblés dans la tente pour la récitation de textes sacrés. Ils ont commencé par la prise de refuge et le développement de la bodhicitta (l’esprit d’éveil), suivi par des louanges au Bouddha Sakyamuni, aux Arhats et aux grands Bodhisattvas, et la récitation des noms de Manjusri. L’atmosphère était baignée dans l’inspiration et la dévotion portées par ces chants sacrés.

Après un délicieux déjeuner végétarien auquel tous les invités étaient conviés, le son des gyalings a annoncé l’arrivée du Gyalwa Karmapa, et il s’est joint aux lamas, moines, moniales et pratiquants laïques pour réciter diverses prières d’aspiration, y compris la Prière des souhaits de la Conduite Excellente de Samantabhadra, la principale prière accumulée chaque année lors des Kagyu Monlam à Bodhgaya.

Après une pause thé, tout le monde s’est une fois de plus rassemblé pour une session d’enseignement avec le Gyalwa Karmapa. En plus de nombreux moines, moniales et pratiquants laïques, des étudiants venus des différentes écoles et collèges de Kalimpong s’étaient rassemblés pour écouter les enseignements du Karmapa.

Il commença par expliquer le sens du Bouddha Purnima, soulignant l’importance de cette occasion qui commémore également trois événements significatifs dans la vie du Bouddha Sakyamuni.

« C’est un jour unique pour tous les pratiquants du bouddhisme, car il commémore trois événements importants dans la vie du Bouddha. En premier lieu, c’est l’anniversaire du Bouddha – le jour de sa naissance dans notre monde.

En deuxième lieu, sous l’arbre de la bodhi, il a atteint tout ce que nous souhaitons et espérons atteindre : l’éveil parfait. Il existe beaucoup de types différents de libération, connus à travers le monde, au cours des siècles et des millénaires – chacun a sa propre philosophie, ses théories, ses conclusions et idées quant aux différentes formes de libération possible – mais celui atteint par Gautama sous l’arbre de la bodhi est connu comme l’éveil parfait, la libération parfaite. C’est donc le deuxième événement.

Le troisième est ce que nous appelons le Parinirvana, signifiant que les conditions présentes que nous avons – conditions externes ou extérieures qui sont le monde dans lequel nous vivons ; les conditions intérieures, qui sont nos pensées et notre propre corps ; ainsi que les conditions secrètes, notre propre conscience – que tous ceux-ci sont des phénomènes composés, et qu’à partir du moment où quelque chose est composé, il est un fait que à un moment donné tout phénomène composé qui a existé est sujet à l’impermanence ; il se dissoudra. Ainsi, afin de démontrer cela, le Bouddha s’en est allé vers l’éveil parfait, et de cette manière, nous a légué un immense enseignement, montrant que tout phénomène a une fin. Ce n’est ni bon, ni mauvais, c’est naturel.

Ces trois événements résument donc tout l’enseignement du Dharma, tout ce que, comme pratiquants, nous essayons de comprendre et de réaliser. »

Le Gyalwa Karmapa a continué son enseignement en parlant de la méditation, invitant le public à partager ses réflexions et questions et encourageant chacun à s’interroger régulièrement sur le sens et le but de la pratique du Dharma, plutôt que de tomber dans des automatismes stérils.

Après la session d’enseignement, Sa Sainteté s’est joint à la sangha pour une puja de Mahakala, un protecteur de l’enseignement du Bouddha.

Dans la soirée l’Institut Bouddhiste Shri Vihara était magnifiquement illuminé avec des guirlandes de lumières multicolores, tandis que les sons des gyalings et des radungs résonnaient du haut des toits.

Bouddha Purnima – Arrivée de Sa Sainteté le 17ème Gyalwa Karmapa Trinley Thayé Dordjé à Kalimpong

Le 13 Mai 2011, le 17ème Gyalwa Karmapa a voyagé de New Delhi à Kalimpong – son ancien siège au Bengale Occidental – pour les trois jours de célébration du Bouddha Purnima (naissance du Bouddha Shakyamuni).

Dès son arrivée à l’aéroport de Bagdogra, il est accueilli par son Secrétaire Général Lodreu Rabsel Rinpoché puis immédiatement il est emmené à l’espace VIP. Une fois les formalités d’arrivée effectuées, il quitte l’aéroport par la sortie VIP, où les délégations des communautés de moines du Monastère de Rumtek et du Shri Vihara Buddhist Institute à Kalimpong, ainsi que les représentants de la communauté laïque de Rumtek, l’attendent pour l’accueillir et recevoir sa bénédiction. Puis le convoi de voitures partit pour Kalimpong, précédé par une voiture pilote et escorté par un cortège de voitures de police.

Entre-temps, des centaines de moines et de nonnes venus de différentes régions de l’Himalaya sont arrivés à Kalimpong, formant une longue file bordant la route qui mène à l’entrée du Shri Vihara Buddhist Institute, dans l’attente de l’arrivée du Karmapa.

A la tête de la file, une douzaine de moines en costume de cérémonie portaient les objets rituels utilisés traditionnellement pour recevoir un grand maître : de l’encens, des instruments de musique variés, ainsi que le haut parasol traditionnel.

Les moines et nonnes sont rejoints par des centaines et des centaines de fidèles laïques. La queue devint de plus en plus longue, s’étendant sur toute la voie depuis l’entrée jusqu’à la route principale et au-delà, et l’atmosphère vibrait d’une aspiration joyeuse.

Quand la voiture apparut au loin, l’encens traditionnel fut allumé et retentit alors la sonorité des gyalings, des cymbales ainsi que le profond battement de douzaines de tambours. Le parasol cérémoniel fut porté au dessus du côté de la voiture où se trouvait Sa Sainteté, pendant que le conducteur négociait au pas les dernières centaines de mètres à travers la foule jusqu’à l’entrée du Shri Diwakar Buddhist Institute.

Quand la voiture arriva à bon port, le Karmapa descendit et fut emmené jusqu’à l’autel dans une procession solennelle. Une fois assis sur son trône, la cérémonie de bienvenue débuta dans le temple.

Le Secrétaire Général Lodreu Rabsel Rinpoché et le dechangla (chambellan) de l’administration du Karmapa lui firent une offrande du mandala, et les représentants de la communauté monastique de Rumtek et du Shri Vihara Buddhist Institute ainsi que la communauté laïque de Rumtek se présentèrent à lui successivement avec une offrande de ku sung thuk (offrande symbolique des corps, parole et esprit éveillés).

Le Karmapa procéda ensuite au rabne (consécration) de seize statues, représentant la lignée des Karmapas depuis le premier, Tusoum Khyenpa, jusqu’au seizième, Rangjung Rigpé Dordjé.

La cérémonie de bienvenue s’acheva avec la récitation de prières d’aspiration et de tashis (prières pour la prospérité).

 

 

 

Célébrations pour le 28e anniversaire de Sa Sainteté Karmapa



Le 6 mai 2011, les fidèles de la lignée Karma Kagyu du monde entier se sont réunis au travers de pratiques rituelles, prières et festivités pour célébrer le 28ème anniversaire de Sa Sainteté le 17ème Gyalwa Karmapa Trinlay Thaye Dorje. Vous pourrez lire ci-dessous un aperçu des événements organisés pour célébrer ce jour exceptionnel.

 

A l’Institut Bouddhiste International du Karmapa ( K.I.B.I) à New Dehli – le siège actuel du Gyalwa Karmapa – la sangha (communauté des fidèles) s’est rassemblée dans le lhakhang (salle du trône) pour l’offrande du mandala (représentation symbolique de l’univers) et de katas (écharpes rituelles) devant le trône de Sa Sainteté. S’en est suivie la récitation de prières de longue vie et d’aspiration, et le partage du riz et du thé traditionnels.

On servit un déjeuner spécial pour célébrer cette occasion, et le gâteau d’anniversaire fut solennellement découpé et partagé entre tous.

A Rumtek, à l’est du Sikkim, la communauté monastique de PAL KARMAE SANGHA DUCHE et la communauté des fidèles laïques de Rumtek ont organisé des célébrations de grande ampleur pour marquer cette occasion heureuse.

Des milliers de fidèles, de membres de différentes ONG, d’étudiants venus d’un grand nombre d’écoles et d’innombrables moines appartenant à toutes les écoles bouddhistes de l’ensemble du Sikkim se sont réunis à Rumtek pour participer aux festivités.

Les célébrations on commencé avec l’offrande du mandala traditionnel (représentation symbolique de l’univers) et d’écharpes, au trône d’or de Sa Sainteté le Karmapa par la grande assemblée de la Sangha de Rumtek et par les autres fidèles venus de tout le Sikkim, conduits par le Vénérable Nedo Dorje Lopon Rinpoche (Maître du Vajra). Puis l’on a servit du thé et du riz au safran à tous les participants. Ensuite, la cérémonie du découpage du gâteau et une fête d’anniversaire a été offerte à tous les invités présents. L’assemblée des fidèles a également offert des prières pour le  bien-être, la longue vie et l’activité éveillée de Sa Sainteté le Gyalwa Karmapa.

La société Karma Kagyu Dharma de Kuala Lumpur en Malaisie, célébra ce jour en accomplissant une puja avec offrande de tsog de Milarepa, suivie par l’offrande symbolique de ku sung thuk (corps, parole et esprit d’éveil), la récitation de prières de longue vie pour Sa sainteté le Gyalwa Karmapa et Kunsig Shamarpa Rinpoché, l’offrande de katas et la récitation de prières de bonnes augures.

Dhagpo Kagyu Ling en France, siège principal du Gyalwa Karmapa en Europe, célébra l’événement en accomplissant une puja spéciale, en mettant l’accent sur des souhaits pour son activité et des prières de longue vie.

Karma Kunkhyab Ling à Athènes, en Grèce,  célébra ce jour en pratiquant Tchenrezi, dédiant le mérite de la pratique à la longue vie de tous les enseignements du Dharma, spécialement ceux de Sa Sainteté le Gyalwa Karmapa.

A Karma Drubgyu Chöling, le monastère de Chime Rinpoche au Ladakh, le programme des festivités commença tôt le matin à 6h avec une puja d’offrande de fumée, puis on hissa les drapeaux de prière, qui incluaient 28 drapeaux d’anniversaire spéciaux, un pour chaque année de la vie du 17ème Gyalwa Karmapa, selon la tradition tibétaine.

Un déjeuner d’anniversaire fut servi et les célébrations se déroulèrent pendant tout le jour durant.

De nombreux anciens mécènes du monastère – la plupart avaient connu la période du précédent Chime Rinpoche- étaient présents, et la communauté  des moines avec leurs familles et leurs amis, comme des centaines de fidèles ladakhi et tibétains, vinrent participer aux célébrations.

Au Centre bouddhiste  Karma Kagyu de Singapour, le vénérable Shangpa Rinpoché, l’abbé du centre, célébra une cérémonie de « libération de la vie » avec plusieurs lamas et membres du Centre.

Puis il dirigea les membres dans des prières  de longue vie pour Sa Sainteté le 17ème Gyalwa Karmapa, chef suprême de la lignée Karma Kagyu, pour qu’il jouisse d’une santé excellente, de la longévité, du bonheur et du succès dans toutes ses entreprises spirituelles.

Au sein du vaste réseau des Centres bouddhistes Diamond Way fondés par Lama Ole Nydahl et répartis sur les quatre continents, des groupes de pratiquants s’assemblèrent dans des centaines de lieux dans le monde entier : de Mexico à Canberra ; du Venezuela à la Sibérie ; de Bogota à Hambourg ; d’Athènes à St Petersbourg, de Toronto à Maui à Hawaï.

Certains groupes se réunirent pour une session de Guru Yoga du 16ème Karmapa ou de Tchenrezi (l’aspect de Bouddha manifestant la compassion éveillée), suivie par le partage de gâteaux d’anniversaire et de joyeux banquets.

 

D’autres, comme le Centre Elisat ou tous les groupes et les Centres Finnois, organisèrent des sessions de méditation pendant 12 heures ou même 24 heures, comme cadeau d’anniversaire spécial au Gyalwa Karmapa.

D’autres encore continuèrent à pratiquer pendant tout le week-end suivant l’anniversaire du Gyalwa Karmapa.

En résumé, le 28ème anniversaire du Gyalwa Karmapa fut pour des dizaines de milliers de ses disciples de par le monde une source d’inspiration pour se consacrer à la pratique du dharma.Ainsi que l’un des groupes le formula si justement : « Nous pensons que le fait de pratiquer ensemble ce jour-là est le meilleur cadeau d’anniversaire pour Karmapa »

Des célébrations particulièrement importantes eurent lieu à Katmandou au Népal, qui réunirent pour un programme riche en événements variés des milliers de Rinpoché, lamas, moines et nonnes venus de différents monastères Karma Kagyu d’un peu partout au Népal, ainsi que d’innombrables fidèles laïques appartenant à différentes ethnies Tibétaines et Népalaises, dont des Tibétains, des Thakali, des Newari et des gens originaires de Yolmo.

Les invités de marque comptaient Son éminence Jamgon Kongtrul Rinpoche, Lodreu Rabsel Rinpoche (Secrétaire général du 17ème Gyalwa Karmapa), Sherab Gyaltsen Rinpoche, Sang Sang Rinpoche, Je Karma Trinleypa, Dephuk Rinpoche ainsi que de nombreux autres.

Le programme commença à 8h du matin au Monastère Karma Kagyu à Swayambhu avec une puja d’offrande de fumée, d’offrande du mandala et d’offrande de kata (écharpes rituelles) au trône de Karmapa par Jamgon Kongtrul Rinpoche.

Le but d’une puja d’offrande de fumée est de supprimer les obstacles, tels que les catastrophes naturelles, les séismes, les tempêtes, les inondations et toutes sortes de maladies. Célébrer une puja ne dissipe pas seulement les méfaits et les obstacles, mais elle a aussi pour effet d’accroître la chance et la santé, la joie et la paix dans le monde. Après les rituels, vers midi, des gâteaux spéciaux au riz et du thé au beurre tibétain furent offerts aux  participants.

S’en suivirent trois circumambulations autour du niveau supérieur du stupa de Swayambhu, et une grande circumambulation au pied du stupa. La procession était conduite par une voiture portant une photo de Sa Sainteté le Gyalwa Karmapa, suivie des membres de la sangha, portant les écritures sacrées du Kangyur (textes d’enseignement du Bouddha) sur leurs épaules.

Ensuite, tous les fidèles se sont réuinis à l’extérieur de l’école Ananda Kuti, où on offrit à tous les invités un déjeuner et des boissons.

Après le repas de fête un programme de divertissements fut offert aux invités : des danses traditionnelles présentées par des enfants issus de différentes écoles, notamment celles du monastère de Lama Sherab Gyaltsen Rinpoché, de l’école des nonnes de Parphing et d’une école tibétaine accueillant des orphelins. Ani Chonyi Drolma, une des voix les plus connues parmi la diaspora tibétaine, interpréta certaines de ses plus belles chansons, dont une louange de longue vie adressée à Sa Sainteté le Gyalwa Karmapa. Enfin, un documentaire sur la vie du 17ème Gyalwa Karmapa Trinley Thayé Dorjé et une exposition de photos retraçant ses activités internationales ont été présentés au public.

Dans la soirée,  les adeptes ont offert des milliers de lampes à beurre au grand stupa, afin de créer des connexions fertiles avec les enseignements du Gyalwa Karmapa. Des prières furent également récitées pour que le Dharma se propage et que se développe le bien-être de tous les êtres.

L’événement fut largement couvert par les médias dans tout le Népal, dont notamment plusieurs chaines de télévision et une douzaine de titres de la presse nationale.

Pour découvrir plus d’images, allez sur la page Facebook du secrétaire général Lodreu Rabsel Rinpoche :

http://www.facebook.com/Lodreurabsel?ref=ts#!/Lodreurabsel

Bouddha Jayanti à Kalimpong, avec Karmapa

Kalimpong, du 15 au 17 mai 2011 : trois jours pour fêter l’anniversaire du Bouddha avec le 17ème Karmapa Trinley Thayé Dorjé.

D’après le calendrier de l’une des quatre principales écoles du Bouddhisme Theravada, l’anniversaire du 4ème Bouddha de notre ère cosmique, le Buddha Shakyamuni, tombera le 17 mai de cette année. L’anniversaire du Bouddha, aussi connu sous les noms de Bouddha Jayanti ou de Bouddha Purnima, voit son anniversaire célébré par les bouddhistes du monde entier.

Des centaines de disciples de la lignée Karma Kagyu du Bouddhisme tibétain, dirigée par sa Sainteté le 17ème Gyalwa Karmapa Trinley Thayé Dorjé, se regrouperont à Kalimpong pour célébrer cet évènement sacré.

Trois jours de manifestations sont prévus, du 15 au 17 mai, et sont organisés par le shedra de Kalimpong (le Shri Diwakar Buddhist Institute – un institut Bouddhiste d’enseignement supérieur, le Shedra de Kalimpong).

Le programme de trois jours inclura des enseignements et des initiations donnés par sa Sainteté le 17ème Gyalwa Karmapa, ainsi que par son tuteur privé, le professeur Sempa Dorjé. Des pujas, des rituels et des débats ainsi que la cérémonie de remise de diplôme pour les étudiants ayant terminé leurs cursus d’études au shreda auront lieu durant ces trois jours.

Tous ceux qui souhaitent se joindre à ces festivités sont les bienvenus.

A noter: Si vous envisagez de participer à cet évènement, et pour toute informations complémentaires, merci de contacter le bureau du Shri Diwakar Buddhist Institute au (+91) 9800033441.

Pour les chanceux qui sont en Inde 🙂

 

 

Cinq jours d’enseignements et d’initiations avec le Gyalwa Karmapa au KIBI (Delhi)

Photo de groupe des enseignants et des étudiants

Karmapa International Buddhist Institute (K.I.B.I.), des 16 au 20 mars 2011

Un programme d’enseignements et d’initiations sur cinq jours dispensés par le Gyalwa Karmapa, ainsi que son tuteur privé le professeur Sempa Dorje avec Khenpo Tsering, ont marqué la fin du cursus de cette année au K.I.B.I.

Des centaines de disciples du monde entier se sont rendus à Delhi pour participer à cet événement exceptionnel qui s’est tenu, comme par la passé, au Karmapa International Buddhist Institute.

Le Gyalwa Karmapa a enseigné sur le texte renommé de Nagarjuna, La lettre à un ami. Nagarjuna était non seulement un savant très accompli mais aussi un grand bodhisattva et l’un des 84 Mahasiddhas.  Il passa de nombreuses années de sa vie à la grande université de Nalanda, et ses contributions, notamment à l’école du bouddhisme Madhyamika (Voie du milieu), sont sans commune mesure.

Le Gyalwa Karmapa enseignant sur le texte La lettre a un ami de Nagarjuna

Nagarjuna composa son grand poème La lettre à un ami comme une lettre de conseils à un roi qui était à la fois son étudiant et son ami. Malgré sa brièveté, le poème recouvre toute la voie du Mahayana avec infiniment de clarté et de précision.

Au cours de l’enseignement, le Gyalwa Karmapa a parcouru les premières strophes du texte, invitant ses étudiants à poser des questions sur des points qu’ils souhaitaient clarifier et les encourageant à partager leur propre compréhension du texte. Ils ont largement profité de cette opportunité, et c’est ainsi qu’une grande partie des sessions a pris la forme d’un échange vivant entre le Karmapa et son public.

Le Gyalwa Karmapa pendant l’initiation de Tchenrézi

Le Gyalwa Karmapa a transmis les initiations de Gampopa et de Tchnerézi à quatre bras à ses étudiants le 17 et 19 mars 2011.

Il expliqua qu’en raison du rôle unique de Gampopa comme père fondateur et enseignant éminent de la lignée Karma Kagyu, cette initiation était porteuse d’une grande bénédiction et inspiration, et aiderait les pratiquants à progresser sur leur voie spirituelle. Il expliqua ensuite le sens de la bénédiction.

La cérémonie de remise des diplômes pour la seconde génération d’étudiants ayant complété le cursus K .I.B.I. de quatre ans s’est tenu en présence du Gyalwa Karmapa et des enseignants.

En premier lieu, Khenpo Tsering, le principal enseignant du programme K.I.B.I., s’est adressé au public et surtout aux diplômés pour les féliciter d’avoir complété avec succès leurs études. « Je ne dis pas que vous devez développer de l’orgueil, mais je pense que vous avez toutes les raisons d’être fiers de vous-même, car ce que vous avez accompli ici est quelque chose de très précieux. Je pense qu’il deviendra pour vous le point de départ et la base pour atteindre l’éveil, et pour votre activité future dans le dharma. »

Le professeur Sempa Dorje parle de la précieuse opportunité d’étudier le dharma

Ensuite, le professeur Sempa Dorje, grand érudit et tuteur privé du Gyalwa Karmapa, a précisé qu’il était extrêmement rare de rassembler toutes les conditions nécessaires pour étudier le dharma. Il expliqua que trois éléments devaient être réunis pour rendre cela possible : en premier lieu des étudiants avec un intérêt pour et une dévotion envers le dharma; en deuxième lieu le dharma lui-même, et dernièrement, mais tout aussi essentiel, un enseignant qualifié prêt a enseigner le dharma.

Il poursuivit en expliquant qu’il était très difficile de trouver ces trois conditions réunies et que si l’un d’eux venait à manquer, l’éveil se trouverait éloigné. « Mais pour l’individu qui a rencontré ces trois conditions, l’éveil n’est pas éloigné. En ce qui nous concerne, nous avons les enseignants, nous avons aussi l’intérêt pour et la dévotion envers le dharma. Alors nous sommes très fortunés et nous devons nous réjouir de cette précieuse opportunité que nous avons et l’utiliser de la meilleure manière possible. »

Les lauréats ont été ensuite appelé un par un à se rendre auprès du Karmapa afin de recevoir sa bénédiction et leur diplôme bien mérités.

La soirée s’est clôturée avec un dîner de gala en plein air sur les terrains magnifiquement aménagés du KIBI, en présence du Gyalwa Karmapa, du Professeur Sempa Dorje et de Khenpo Tsering.

Vidéo de Karmapa à Hong Kong – le bouddhisme n’est pas une religion

Voici une vidéo très intéressante de Karmapa tournée lors de son séjour à Hong Kong. Avec des mots simples et précis, Karmapa développe l’idée du bouddhisme vu comme une méthode de connaissance bien plus que comme une religion.

Cet extrait d’enseignement de Karmapa est en anglais avec une traduction en français à la suite de la vidéo.

Une vidéo tournée par l’équipe de Karmapa Documentary Projet

Peut-on dire que le bouddhisme est un mode de vie ?

J’ai moi-même dit, je pense, pendant plusieurs années que le bouddhisme est un mode de vie, et je maintiens cette position parce qu’il s’agit bien d’une façon de vivre. Mais j’ai par la suite réfléchi davantage, et le bouddhisme est en fait plus que cela. Un mode de vie est quelque part une idée trop générale et ne veut pas dire grand-chose. L’expression sonne bien, mais je pense que le bouddhisme est plus similaire à une science.

Si le bouddhisme était une religion, cela créerait des difficultés ; admettons que vous soyez catholique et que vous souhaitiez devenir bouddhiste, vous devriez prendre un chemin différent, il vous faudrait faire marche arrière pour emprunter une autre route. Vous voyez qu’il y aurait donc divers problèmes. De plus, faire cela signifie, en quelque sorte, que vous ne respectez pas votre religion actuelle, que vous avez perdu la foi, ou bien simplement que vous ne lui manifestez pas d’intérêt.

De nombreuses difficultés peuvent apparaître sur cette base. En fait, en y réfléchissant, nous pouvons voir, petit à petit, que le bouddhisme tient plus d’une science. Il s’agit d’une connaissance soutenante, d’un savoir vraiment aidant qui permet de déterminer, de rechercher, d’apprendre, et de révéler la vérité et la nature de toute chose, de tout ce que nous souhaitons savoir.

Prenons l’exemple d’un homme d’affaires, le Dharma constitue pour lui un outil très utile pour comprendre tout ce qui touche au monde des affaires. C’est la même chose pour de nombreux autres domaines.

Le bouddhisme n’est pas une religion, mais un mode de vie qui est similaire à une science. Prenons l’exemple de la médecine, il s’agit d’une science très utile, d’un savoir vraiment aidant, qui peut être pratiquée par tous ; il n’y a pas de restriction et vous n’avez pas besoin de vous convertir ou de vous détourner de votre religion : les bouddhistes, les hindous, les chrétiens, les juifs, etc. peuvent tous pratiquer la médecine.

De la même façon, je pense donc que tout le monde peut pratiquer, et même davantage, utiliser, le Dharma comme une science, comme un savoir soutenant, sans besoin de se convertir. Cependant, si vous considérez au départ le bouddhisme comme une religion, vous devez alors faire un choix.

En revanche, si vous le voyez comme une science, vous n’avez pas besoin de faire de choix, vous pouvez mener votre vie et respecter votre pays, sa culture et ses traditions. Vous les respectez tout en portant sur les choses un regard bouddhique. C’est ma théorie.

Nationalisme tibétain et succession du Dalaï-Lama

Une fois n’est pas coutume, voici une émission de radio de la Radio Suisse Romande où il est question du nationalisme tibétain et de la succession du Dalaï-Lama.

Une analyse historique et géopolitique de la question tibétaine. À découvrir!  

Première partie : naissance du nationalisme tibétain, avec Anne-Sophie Bentz.
Le 10 mars 1959, suite à l’invasion chinoise qui a débuté quelques années plus tôt, commence un long exil pour le peuple tibétain. Une partie des 6 millions de Tibétains, plus de cent mille à ce jour, suivent le Dalaï-Lama en Inde et tâchent de recommencer une nouvelle vie.

En Inde, tout est nouveau, l’environnement, la culture, la nourriture. Mais surtout, les Tibétains doivent faire face à un défi majeur : trouver les moyens de maintenir leur culture en vue d’un retour hypothétique au pays.
C’est ainsi que va naître un nouveau concept, celui de nation tibétaine. Un processus historique qu’analyse en détail Anne-Sophie Bentz, politologue et enseignante en relations internationales à l’université de Toulouse, dans son dernier ouvrage intitulé « Les réfugiés tibétains en Inde, nationalisme et exil ».
  
Deuxième partie : la succession du Dalaï-Lama, avec Arnaud Dotézac, professeur de droit, chargé de cours à l’Université de Genève et spécialiste de la question tibétaine (la 2e partie de l’émission)

Dernièrement, lors de la commémoration du soulèvement du 10 mars 1959, le Dalaï-Lama a fait part de sa décision d’abandonner toute responsabilité politique. Cette décision prend place dans une période décisive pour le gouvernement tibétain en exil. En effet, le 20 mars 2011, les Tibétains ont voté pour élire le premier ministre de ce gouvernement, le troisième à être élu au suffrage universel, mais surtout, le premier qui ne sera pas un religieux.

Cette période est certainement le début d’une nouvelle forme d’organisation politique et d’un encrage plus profond de l’expression démocratique. Cependant, c’est aussi le saut dans l’inconnu. Car après un Dalaï-Lama omniprésent, qui sera à même d’incarner la cause tibétaine ? Un éventuel futur Dalaï-Lama nommé par les Chinois ou un membre issu de la diaspora ?
Dans les équilibres géostratégiques précaires entre la Chine et l’Inde, la question de l’après Dalaï-Lama n’est pas anodine. D’elle dépend en partie la stabilité d’une région qui, depuis la guerre Sino-Indienne de 1962, n’est toujours pas établie.
Arnaud Dotézac,professeur de droit, chargé de cours à l’Université de Genève et auteur d’un livre remarqué sur la question tibétaine, « Les lamas se cachent pour renaître » nous livre son analyse.  

http://medias.rsr.ch/espace-2/programmes/babylone/2011/babylone_20110328_full_babylone_20110328-0900_4711c4ab-f629-4301-94a3-128b3c2153e7-128k.mp3