Le typhon Bopha frappe les Philippines. Communiqué de Sa Sainteté Karmapa

 

Communiqué de Sa Sainteté Karmapa à l’occasion du typhon Bopho qui a frappé les Philippines

New Delhi, 11 décembre 2011

 

Chers amis dans le dharma,

Lorsque je me suis rendu pour la deuxième fois aux Philippines cette année j’ai été profondément touché par l’accueil amical et chaleureux des gens, et c’est avec une tristesse sincère que j’ai suivi les suites dramatiques de la catastrophe qui a frappé le pays en début de semaine dernière avec le typhon Bopha.

Au moment où j’écris, plus de six cents personnes sont mortes, huit cents autres sont portées disparues, des centaines de milliers ont perdu leurs maisons et leurs biens et sont laissées sans moyens de subsistance.

Je ne prétends pas connaître dans sa réalité ce que les familles innombrables qui ont été frappées par cette catastrophe naturelle sont en train d’endurer, mais je peux essayer de l’imaginer, et je voudrais à toutes leur exprimer mes sincères condoléances. À côté de mes souhaits et de mes prières, je voudrais leur offrir ce modeste message d’encouragement.

“Essayez d’avoir du courage. Vos bien-aimés qui ont péri dans cette catastrophe auraient voulu que vous essayiez d’aller de l’avant, plutôt que de rester paralysés sous le choc et par le chagrin. En faisant ainsi vous honorerez leur mémoire et leurs souhaits. Ceci n’implique pas un grand voyage avec de grandes idées: essayez- même si cela semble difficile – de ne pas vous perdre dans la tragédie, et de vivre une vie bonne, en mémoire de ceux qui sont partis, pour vous-mêmes, pour la génération qui vient.

En cette seule année, nous avons été les témoins de tant de catastrophes naturelles, mais si nous essayons de trouver qui ou quoi en est responsable, c’est une quête sans fin. Je crois que la réponse se trouve dans le fait de vivre une vie bonne et d’aller de l’avant.”

Dans quelques jours, les Kagyu Monlam commenceront à Bodhgaya, l’endroit même où Bouddha a atteint l’éveil. Des milliers de pratiquants se réuniront pour cette rencontre de prière et passeront une semaine à faire des souhaits positifs pour le bien de tous les êtres. Puisse cette rencontre vertueuse alléger la souffrance des personnes frappées par le chagrin aux Philippines et leur apporter la paix de l’esprit.

Avec mes prières.

Karmapa Trinley Thaye Dorje

 

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Devenez-vous plus riches ou plus pauvres ?

 

Un article de Karmapa Trinley Thayé Dorjé publié dans Speaking Tree, le 21 août 2012

Il va sans dire qu’une certaine quantité de richesse matérielle — par exemple, tout ce qui touche à la nourriture, aux vêtements et au logement — constitue une nécessité pour vivre. Chacun doit travailler pour survivre, mais lorsque gagner sa vie devient le point central et exclusif d’une vie, des problèmes peuvent apparaître. Vivre pour gagner plutôt que gagner pour vivre, cela pose des problèmes d’excès et d’avidité.

Il existe cependant d’autres formes de richesses, qui ne se contentent pas de faire vivre le corps, mais soutiennent et développent l’esprit.

Dans cette perspective, il peut être intéressant de regarder au-delà des idées traditionnelles en matière de richesse financière et de se demander pourquoi l’espèce humaine, parmi les nombreux types d’existences, est si spéciale et si précieuse.

En tant que pratiquant et enseignant bouddhiste, j’espère et je crois que le bouddhisme peut offrir une contribution intéressante et utile dans ce domaine. Tout d’abord, lorsque nous essayons d’identifier les causes de la crise actuelle depuis une approche bouddhique, [nous constatons que] les problèmes de base sont des traits humains comme l’avidité et la paresse, tous apparaissent sur la base de l’ignorance.

Cultiver juste assez de grains pour vos besoins quotidiens est une chose, mais commencer à rassembler les récoltes et à les stocker en pensant que vous aurez ainsi moins de travail et plus d’argent peut planter le germe d’une avidité incontrôlée. Il est donc vraiment important d’être conscient de certains traits humains qui provoquent de nombreux problèmes inutiles. Parfois, alors que nous pensons devenir plus riches, nous devenons en fait plus pauvres, si nous regardons d’un point de vue différent.

Même si je ne suis jamais allé à l’école moi-même (étant à la tête d’une lignée, j’ai eu une éducation particulière), j’ai eu la chance d’apprendre tout cela de mes parents. Plus tard, lorsque j’ai commencé les études et les enseignements bouddhiques, j’ai appris de plus en plus de choses sur les défauts et les qualités de l’humanité, et cela m’a permis de connaître la vie.

La richesse intérieure est notre esprit, notre conscience. Je crois que cet esprit est comme un joyau qui exauce les souhaits. Si vous savez comment l’utiliser, il peut produire les effets les plus bénéfiques. Le meilleur moyen d’utiliser et de développer cet esprit est d’absorber des connaissances, et la connaissance la plus importante est celle qui fait de nous une bonne personne, une personne honnête, une personne digne de respect. Les qualités qui rendent un individu bon, honnête et respectable sont des qualités comme la patience, la générosité et la bienveillance. La bonne nouvelle est que nous n’avons pas besoin d’adopter ou de créer ces qualités puisqu’elles demeurent déjà en nous tous, sous forme de potentiel. C’est ainsi que la richesse reste latente en chacun d’entre nous.

Tout ce dont nous avons besoin est de nous donner, chaque jour, une raison de générer ces qualités, petit à petit. Le faire ne rendra pas la société parfaite, mais cela nous permettra d’apprécier toutes les circonstances que nous rencontrerons.

Selon le point de vue bouddhique, nous devons en fait être reconnaissants pour les obstacles [rencontrés] parce que sans eux nous n’apprenons jamais. C’est grâce aux difficultés et aux défis que nous pouvons trouver des solutions ; certaines fonctionnent, d’autres non, mais même si elles ne fonctionnent pas, cela ne veut pas dire que nous devons abandonner. Cela signifie juste que nous devons essayer encore.

L’auteur est le 17e Karmapa, directeur spirituel de la lignée Karma Kagyü du bouddhisme tibétain.

Apprendre de Lehman. Un article du Karmapa Trinlay Thayé Dorjé sur la situation économique

 

15/09/2012 – Apprendre de Lehman

Un article du Gyalwa Karmapa publié dans le Huffington Post

Le samedi 15 septembre marque les quatre ans de la chute des frères Lehman, le début de la crise économique. Même si nous avons vu et éprouvé la douleur et la peine causées par le système économique à tant de monde sur la planète, nous ne pouvons pas non plus oublier que, dans le passé, ce système a été prévu pour être quelque chose de bon et de bénéfique à chacun. Nous devons nous souvenir qu’il faut savoir associer les qualités de compassion et de sagesse à tout ce que nous faisons, en matière d’économie tout comme dans nos vies quotidiennes.

Depuis que j’ai commencé à voyager, il y a près de quatorze ans, j’ai visité de nombreux pays très différents. Si ces voyages m’ont beaucoup appris, la tournée européenne de cette année, « La Richesse de l’Europe », a été particulièrement instructive. J’ai rencontré de nombreux jeunes, y compris les jeunes ambassadeurs du Prince’s Trust, et je les ai écoutés parler de ce qu’ils traversent, de ce qu’ils éprouvent au sujet de la vie, de la situation économique actuelle et aussi de leur façon d’imaginer le futur.

 

Nous sommes tous reliés

J’ai également compris grâce à ces échanges qu’aussi longtemps que nous prenons naissance en tant qu’êtres humains et que nous vivons dans ce monde, peu importe la vie que nous menons, nous sommes tous reliés avec tous les individus et toutes les sociétés de cette planète et nous ne pouvons pas fuir les responsabilités ni les circonstances mondaines.

Même pour moi, enseignant bouddhiste qui essaie de suivre le chemin du Bouddha Shakyamuni, il est crucial d’être conscient de tout ce qui se passe dans le monde et d’y être relié.

C’est avec cet état d’esprit que j’ai mis en place l’initiative de « La Richesse de l’Europe ». Plus de 700 jeunes européens ont partagé leurs inquiétudes, leurs aspirations et leurs priorités dans un sondage au cours des dix dernières semaines. Les résultats du sondage ont clairement montré que la grande majorité des jeunes classe les valeurs non matérielles plus haut que la richesse matérielle. Grâce à ce que j’ai appris des enseignements du Bouddha, je m’attendais déjà à ces résultats. Néanmoins, ils sont pour moi très encourageants, très inspirants et me donnent beaucoup d’espoir.

 

Les qualités demeurent en nous-mêmes

Aussi déroutantes que les choses puissent parfois paraître lorsque nous considérons l’état du monde, il y a toujours de l’espoir et une façon de dépasser ces défis. En particulier lorsque nous voyons le potentiel des jeunes, tout ce dont nous avons besoin est de partager et de communiquer. Lorsque nous échangeons nos points de vue et nos réflexions, les qualités que nous avons tous émergent naturellement. Sans communication, nous pouvons entretenir toutes sortes d’idées et de moyens positifs, mais ils restent en sommeil. Cependant, dès que nous commençons à communiquer, même la plus infime des ressources devient vraiment vitale et efficace.

Inutile de nous mettre sous pression pour changer ou réformer le monde : en étant conscients et en ayant une communication claire et constante, nous pouvons en avoir une vue et une perspective holistiques. Prenons le simple exemple de l’initiative de « La Richesse de l’Europe » : quelques pensées et idées ont été partagées, elles ont apporté davantage de conscience de la richesse de l’Europe à travers le regard des jeunes.

Forts de cette pensée, nous savons naturellement que nous devons nous concentrer sur notre richesse intérieure — que nos qualités intérieures sont les facteurs les plus importants pour vivre une vie porteuse de sens. Grâce à ces qualités, nous acquerrons également une sagesse pour savoir comment entrer en relation avec les valeurs matérielles, dans quelle mesure nous devons utiliser la richesse matérielle et comment le faire avec responsabilité.

J’espère qu’une plus ample communication nous permettra à tous d’amener cette conscience dans le monde entier, afin que chacun puisse apprendre et à appliquer les leçons du passé.

Du 7 au 13 août 2012, visite de Sa Sainteté Gyalwa Karmapa à l’Europe Center

Du 7 au 13 août 2012, Sa Sainteté Gyalwa Karmapa transmet enseignements et initiations à l’Europe Center

Du 7 au 13 août, Gyalwa Karmapa a visité l’Europe Center de Immenstadt, point de rencontre international de tous les groupes Diamond Way du monde, à l’occasion de leur cinquième cours d’été consacré cette année à la pratique du Gourou Yoga (la pratique du maître spirituel).

Le programme de Sa Sainteté comprenait des enseignements sur le Gourou Yoga, une méditation de douze heures sur le Gourou Yoga du XVIème Karmapa, un enseignement sur le refuge et la bodhicitta (l’esprit d’éveil), ainsi que les initiations de Rechungpa et de Marpa, deux importants maîtres fondateurs de  la lignée Karma Kagyu. De cinq à six mille personnes ont assistés à ces journées.

 

 

Au cours de l’enseignement de la pratique du Gourou Yoga, Sa Sainteté Gyalwa Karmapa a, entres autres, mis l’accent sur l’importance de l’humilité : « Nous devons toujours avoir un état d’esprit tel que nous nous sentions continuellement en train d’apprendre – un esprit humble.»

Il a aussi parlé de l’essence de cette pratique : « L’essentiel à propos du Gourou Yoga c’est de développer leurs (i.e. celles du gourou) qualités – leur sagesse, leur compassion – même si nous n’avons aucun moyen de connaître l’étendue de leur compassion et de leur sagesse ».

 

Avant de commencer la session de douze heures du Gourou Yoga  du XVIème Karmapa, Sa Sainteté le XVIIème Karmapa a donné un enseignement préparatoire sur le sens et les bienfaits de cette pratique :

« Par cette pratique du Gourou Yoga, puissions-nous recevoir la bénédiction de la lignée ininterrompue des maîtres pleinement réalisés, de Tilopa jusqu’à maintenant, et cela pas seulement pour en obtenir les bienfaits dans cette vie…

S’il s’agit juste de recevoir des bienfaits pour cette vie, il existe d’innombrables moyens que la plupart d’entre vous connaissent déjà – nous n’avons pas besoin de pratiquer le Gourou Yoga pour cela. Mais lorsque nous examinons la pratique du Gourou Yoga, nous devons savoir que c’est une pratique dont les bienfaits ne se limitent pas à cette vie, mais s’étendent à toutes nos vies, et ce, non seulement pour atteindre quelques moments de bonheur ou certains états de bonheur, mais  pour réaliser la vraie compréhension : savoir que dans le cœur ou la nature de tous les êtres vivants, la compassion et la sagesse sont toujours là… mais pas dans le sens d’être éternellement là, mais dans le sens d’être là sans cessation, sans naissance, sans qu’il y ait besoin d’une cause pour cela.

 

 

Ainsi, grâce à la pratique du Gourou Yoga, nous sommes capables de nous concentrer sur cette nature, nous sommes capables de voir cela plus clairement. Voyant que la nature de l’esprit procure une grande paix, qui se traduit par du bonheur ou de la joie, une joie ou un bonheur différent que celui que l’on obtient en rapport à des causes ou des conditions liées à nos cinq sens, ou même par notre esprit dualiste… Voyant que notre nature fondamentale est non née, cette connaissance nous donne alors une immense détente et nous permet de développer une approche paisible à l’égard de toute chose.

 

Tout est alors reconnu comme spontané, ce qu’en tibétain nous exprimons comme « lhundrup »… Voilà le résultat que nous pouvons obtenir par la pratique du Gourou Yoga – ayant conscience que nous avons entre nos mains la plus grande richesse qui puisse être : non seulement nous sommes pourvus de la précieuse existence humaine, mais encore, nous avons la richesse liée au mérite – l’immense richesse d’avoir accès au dharma par un de ces maîtres que l’on invoque… »

Sa Sainteté Karmapa a transmis les initiations de Rechungpa, un des grands disciples de Milarépa, et de Marpa, le maître spirituel de Milarépa.

Visite de Karmapa à Karma Migyur Ling, du 31.7 au 5.8.2012

Entre le 31 juillet et le 5 août 2012, Sa Sainteté Gyalwa Karmapa a transmis des enseignements et une initiation à Karma Migyur Ling.

Le 30 juillet Sa Sainteté Gyalwa Karmapa est arrivée à Karma Migyur Ling pour donner un enseignement programmé sur six jours, dans la continuité de son commentaire du Bodhicarya-Avatara.

 

 

Il a donné ses enseignements en deux sessions par jour, celles du matin étant consacrées aux enseignements proprement dit, transmis en anglais et en tibétain, alors que les après-midis étaient réservés aux sessions de questions-réponses.

Le premier jour, Sa Sainteté a expliqué que «parcourir cet enseignement nous aide à comprendre combien notre existence est précieuse et nous aide à développer l’attitude du bodhisattva. Avec un peu de pratique, cela devient naturel pour nous. Shantideva la présente à l’aide d’une méthode très simple. Même s’il a enseigné cela il y a longtemps, elle reste encore très pertinente de nos jours

 

Gyalwa Karmapa a terminé le premier chapitre sur les bienfaits de la Bodhicitta puis a commencé le second chapitre traitant de la purification des actions non vertueuses. La première partie de ce chapitre parle des offrandes, décrivant les offrandes les plus somptueuses dans des termes extrêmement poétiques et inspirants. Sa Sainteté a aussi donné des instructions profondes et détaillées sur la façon de considérer et d’entreprendre cette pratique de l’offrande.

Le soir du 2 août, Sa Sainteté a donné à Lyon une conférence publique intitulée “Comment donner à sa vie un sens profond». Elle a eu lieu à l’Hotel Hilton de Lyon.  L’intérêt était si grand que la salle réservée pour la manifestation s’est avérée trop petite pour accueillir tous ceux qui voulaient y assister. La chaleur étouffante n’a en rien diminué l’intérêt et l’enthousiasme du public. La session de questions et réponses qui a suivi la conférence a continué jusqu’à près de minuit.

 

Le 4 août, Sa Sainteté a transmis à un grand rassemblement d’adeptes l’initiation qui associe les trois aspects Vajrapani-Hayagriva-Garuda. Une fois encore, il a pris beaucoup de temps pour expliquer les différentes étapes de l’initiation.

En introduction à son enseignement, il a parlé de l’importance de cultiver la motivation juste et d’en avoir une bonne compréhension:

Notre intention est très importante – l’intention de vouloir sincèrement le bien des autres êtres. Cela ne concerne pas le nombre d’êtres auxquels vous pouvez faire du bien – c’est simplement l’idée que vous voulez faire du bien aux êtres. Cela n’a pas non plus à voir avec le fait que nous pouvons ou non les aider réellement – nous n’avons pas à prendre cette charge sur nous-mêmes. Du moment que nous avons cette motivation, cela est tout. Si nous gardons cette idée fixe et disons “Je veux aider, j’ai besoin d’aider”, et que nous n’y arrivons pas, alors nous ressentirons de l’agitation et de la frustration. C’est pourquoi nous devons simplement, générer cet esprit précieux, cette attitude où nous sommes prêts à tous moments pour aider. Avec cette attitude, nous sommes en paix

 

Lettre du 17e Karmapa à propos du 60e anniversaire de Shamar Rinpoché

Le 22 septembre 2012

Chers amis du Dharma,

D’après le calendrier occidental, c’est aujourd’hui le soixantième anniversaire de Sa Sainteté Kunzig Shamar Rinpoché.

C’est pourquoi j’aimerais encourager chacun d’entre vous non seulement à célébrer cet événement de bon augure, mais aussi à offrir vos souhaits dédiés à sa longévité, parce que sa présence dans nos vies est très précieuse.

Nous avons la chance de l’avoir parmi nous, lui, le détenteur de la tradition Karma Kagyu tout au long de sa grande et prodigieuse histoire, et nous devons nous rappeler que nous avons beaucoup à apprendre de ses enseignements du Dharma.

Offrons notre corps, notre parole et notre esprit pour sa longue vie.

Avec ma profonde gratitude,

Trinley Thayé Dorjé

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Sa Sainteté Gyalwa Karmapa visite Renchen Ulm pour la deuxième fois. Du 20 au 22 juillet 2012

  
Voici encore un rapport d’une des visites de Sa Sainteté Karmapa en Europe cette année. Vu le nombre de ses activités, il est difficile de les couvrir en totalité. En attendant les versions françaises des rapports, vous pouvez consultez la page facebook du Karmapa en anglais : https://www.facebook.com/17th.Karmapa
  
  
Sa Sainteté le 17ème Gyalwa Karmapa s’est pour la deuxième fois rendu en visite au centre Bodhi Path de Renchen Ulm du 20 au 22 Juillet 2012.

Située sur les contreforts de la Forêt Noire dans un joli paysage connu pour ses vergers et ses vignobles, à 40 minutes seulement de Strasbourg, Renchen Ulm baigne dans la paix et la sérénité.

La première visite de Sa Sainteté remontait à 2008, et le nombre de fidèles participant aux manifestations avait depuis lors triplé… ce fut de loin le plus gros événement que l’équipe ait jamais eu à organiser, et elle s’en est magnifiquement sortie – tout s’est déroulé de façon fluide et sans effort apparent.

Les 20 et 21 Juin Sa Sainteté a commencé par un commentaire du célèbre  Bodhicarya-Avatara (L’entrée dans la pratique des Bodhisattva), l’une des œuvres de référence du Bouddhisme Mahayana composée par le grand érudit indien Bouddhiste Shantideva.

Sa Sainteté a enseigné à la fois en tibétain et en anglais, ses propos étant traduits ensuite en allemand et en plusieurs autres langues.

Avant d’entamer son commentaire du texte racine, Elle a introduit de façon générale cet ouvrage majeur:

“Le texte parle des bodhisattvas – individus qui ont généré l’esprit d’éveil –, de leur activité et de leur pratique; et il explique comment celui qui souhaite s’engager dans cette voie doit la parcourir ”.

Sa Sainteté a poursuivi en expliquant pourquoi les bodhisattva sont considérés comme les fils des “Vainqueurs” (Buddhas):

« La bouddhéité est un état d’esprit où le karma, les kleshas (émotions perturbatrices) et les modèles de référence habituels ont été complètement anéantis, et où toute chose est connue pour ce qu’elle est. Personne ne peut mettre à l’épreuve cet état d’esprit, c’est pourquoi on le qualifie de “victorieux”. Les Bodhisattva naissent de l’esprit même généré par les Bouddha. De ce fait ils sont considérés comme les fils du cœur des Bouddha, car le cœur des Bouddha n’est pas autre chose que l’esprit éveillé ou bodhicitta. »

Sa Sainteté a donné un commentaire clair et profond des strophes d’ouverture du premier chapitre. Elle poursuivra son commentaire du Bodhicarya-Avatara dans certains des autres centres qu’Elle visitera pendant sa tournée Européenne.

Elle a également laissé une grande place aux questions et réponses, et le deuxième jour de l’enseignement, Elle a décidé de donner spontanément une bénédiction aux 1 500 fidèles et plus qui étaient rassemblés.

Le 22 Juillet, dernier jour de son séjour, Sa Sainteté a transmis l’initiation de Tchenrezi, l’aspect de Bouddha manifestant la compassion de tous les Bouddha.

L’initiation a débuté à 10h du matin, et Sa Sainteté a pris un long moment pour présenter aux participants la signification de cet aspect particulier, donnant des enseignements détaillés sur les différentes phases du rituel et s’assurant que les fidèles savaient sur quoi se concentrer à chacune des étapes.

La douleur, le gain et la course pour la vie

Un article de Sa Sainteté Karmapa sur son blog du Huffington Post.

Cet été, le monde a le regard tourné vers Londres afin de célébrer ses athlètes. Pour eux, le dicton «sans peine, point de gain» fait partie du chemin vers l’excellence. Quant au reste d’entre nous, nous pourrions nous demander si toute cette douleur est nécessaire. La vie ne serait-elle pas beaucoup plus facile si nous n’avions que du gain ?

Personne ne veut de douleur ni de crises mais dans la vie, nous sommes inévitablement confrontés à de telles expériences. Elles font partie de la vie en général – il n’est pas de vie sans douleur. En effet, dans une perspective bouddhiste, le dicton «sans peine, point de gain» est plein de vérité, bien que ce ne soit pas exactement au sens où on l’on entend habituellement.

Comment faire pour que cela marche pour vous

Si nous savons utiliser notre sagesse pour faire face à la douleur et aux difficultés auxquelles nous sommes confrontés, de telles expériences sont susceptibles de nous aider à développer une compréhension accrue  des choses ainsi que de la richesse intérieure.

1. Acceptez le fait que la douleur fait naturellement partie de la vie : de temps en temps, nous éprouvons de la douleur, des émotions bouleversantes et des crises, pour la simple raison qu’elles font partie de notre existence humaine.

C’est pourquoi, lorsque nous comprenons que quels que soient nos efforts, il ne nous est pas exactement  possible d’éviter de telles expériences, nous pourrions aussi bien les accepter et en apprendre quelque chose. Quel que soit l’effort que nous fournissons pour essayer d’éviter l’inévitable, lorsque nous acceptons et tentons de comprendre les expériences douloureuses, nous pouvons apprendre et grandir.

2. Peine et joie sont – telles la lumière et l’obscurité – les deux revers de la même médaille. Elles sont interdépendantes et inséparablement liées l’une à l’autre. Lorsque l’on peint un tableau ou que l’on prend une photo, s’il n’y a ni lumière ni obscurité, il n’y a ni image ni tableau. C’est précisément le contraste entre lumière et obscurité qui leur confère beauté et couleur.

De même, puisque nous avons une vie, il ne sert à rien de dire que nous voulons une vie sans problèmes ni crises. Cela reviendrait à dire que nous voudrions une image sans lumière ni obscurité. Pour aller plus loin dans le raisonnement, dans cette perspective, la vie elle-même semble dépendre de la mort, elle aussi. Il n’y a pas de vie sans mort – et vice versa, également.

Le comprendre peut vraiment nous aider à apprécier cette expérience qu’on appelle la vie – et à apprécier les opportunités que nous avons pour nous aider et aider les autres.

3. Réveillez-vous et ouvrez les yeux : chaque fois que nous sommes confrontés à une crise et que nous lui appliquons notre sagesse, la douleur a cette capacité de nous rendre conscients de notre état physique et mental – comme une sorte de sonnette d’alarme. Même si nous ne sommes pas tout à fait heureux de ressentir de la douleur, nous pouvons alors trouver un moyen d’apprécier l’expérience. Plutôt que de porter exclusivement notre attention sur notre souhait de nous débarrasser de la douleur aussi vite que possible, nous sommes capables d’extraire de ces émotions quelque chose qui a du sens.

Nous avons tous un esprit, et il n’y a pas d’esprit sans sagesse. Utilisons notre sagesse de manière sensée afin de voir la nature de la vie plutôt que de l’utiliser pour voir un tableau sans ombre ni lumière.

Cependant, afin de faire émerger notre sagesse intrinsèque, il nous faut vraiment nous accorder un moment pour contempler. En extrayant de notre esprit tout ce qui est utile, nous pouvons nous aider nous-mêmes et aider les autres. Nul besoin de soulever des montagnes. C’est très simple – il nous suffit de partager notre expérience.

Lorsque nous envisageons la douleur comme faisant partie de la mosaïque de nos expériences existentielles, nous nous enrichissons d’une nouvelle perspective de la vie et du monde – et nous avançons ensemble dans la course de la vie.

http://www.huffingtonpost.co.uk/his-holiness-karmapa-thaye-dorje/pain-gain-and-the-race-of-life_b_1701988.html